Il était une fois un groupe de femmes très motivées, deux valises de trop et encore des ballons de rugby par‑dessus, un horaire qui nous réservait plus de surprises qu’un roman policier avec happy end. Ainsi commença notre aventure à Tenero : l’équipe nationale féminine en route vers sa grande mission — la Coupe du monde en Espagne en mai 2027 — et, entre les deux, un week‑end d’entraînement au populaire et pittoresque CST Tenero, que l’entraîneur Yanis avait préparé avec beaucoup d’amour du détail. Ce qu’il n’avait pas prévu : la météo, qui a contrecarré notre plan pré‑petit‑déjeuner. Le footing matinal ? Annulé. Le lac ? Toujours aussi tentant, mais mouillé. En bref : le plan était bon, la météo encore plus têtue.
Le voyage n’avait rien d’une odyssée, mais plutôt d’une petite saga ferroviaire : plusieurs trains différents, correspondances, retards et quelques tours touristiques involontaires dans les gares zurichoises et tessinoises. Correspondances manquées, détours improvisés, et certaines joueuses se demandaient si elles n’étaient pas tombées par erreur dans un film italien. À l’arrivée, un panorama inoubliable : vue sur un immense chantier où un centre de sports aquatiques avec toit mobile est en construction. « Qui sait », murmura quelqu’un, « peut‑être que la prochaine Coupe du monde aura lieu ici. » L’optimisme, c’est la moitié du chemin — et le béton, l’autre.
Deux nouveaux visages de Zurich sont descendus du train, les yeux grands comme des assiettes : leur première fois, mais immédiatement au cœur de l’action. L’équipe les a accueillies comme de vieilles amies ; au dîner, les premières blagues d’initiés circulaient déjà. Le jeu de présentation avec l’entraîneure italienne Julia a permis de transformer rapidement des inconnues en coéquipières. Le rire est, après tout, la meilleure tactique.
Le samedi n’a pas commencé par du yoga au bord du lac, mais par la pluie. Il a plu à verse jusqu’à environ 14 h — et soudain, on voyait plus de combinaisons en néoprène que de parapluies. Certaines joueuses portaient le néoprène comme une seconde peau ; d’autres juraient qu’elles ne remettraient plus jamais autant de caoutchouc de leur plein gré. La charge supplémentaire ? Bien réelle. L’ambiance ? Intacte. Nous n’avions pas commandé la météo, mais nous en avons tiré le meilleur — faire de la nécessité une vertu.
Dans l’eau, les choses sérieuses ont commencé : échauffement, positions d’attaque, lancers francs, essais, matchs — Yanis avait un programme qui ne laissait aucune place à l’ennui. Après chaque session, analyse vidéo : scènes arrêtées, mouvements décortiqués, erreurs alignées comme des perles puis recomposées. On posait aussi des questions : « Pourquoi as‑tu fait ça ? » — non pour critiquer, mais pour comprendre et rendre les décisions plus claires. La tactique était le mot magique ; nous avons testé des variantes d’attaque, perfectionné les lancers francs et travaillé les détails jusqu’à ce que les têtes chauffent — et les pieds fassent des ampoules. Oui, les ampoules étaient inévitables après ces entraînements intensifs ; un petit prix pour de grands progrès.
Le sparring avec les Italiennes fut un moment fort : neuf femmes fortes et drôles, qui nous ont bien chauffées tout en mettant une ambiance incroyable. Les duels SUI vs ITA étaient aussi palpitants qu’un polar à fin heureuse. Entre deux duels musclés, on sentait : le sport unit — et un espresso partagé encore plus. Les Italiennes apportaient le tempérament, nous la discipline ; ensemble, un mélange inoubliable. À côté, il y avait des entraînements individuels ciblés, axés sur la technique, la condition et le mental.
Côté cuisine, la cantine était un havre sûr : nourrissante, savoureuse et exactement ce qu’il faut après une journée dans l’eau. Le dimanche, il y avait même du chocolat fondu — de petits péchés qu’on savoure sans mauvaise conscience, après avoir brûlé tant de calories. Samedi soir, certaines ont profité du sauna de la belle installation ; vapeur, détente et quelques discussions tactiques — c’est ainsi que naissent les plans et les amitiés.
Le mini‑tournoi n’était pas une simple répétition des contenus d’entraînement, mais une fête de clôture vivante : trois équipes mélangées, compositions spontanées, combinaisons inattendues et exactement le genre de matchs qui produisent surprises et fous rires. Il y eut des actions spectaculaires, des passes ratées charmantes et des moments où l’on voyait à quel point les joueuses avaient déjà intégré ce qu’elles avaient appris. À la fin : des accolades, de nouvelles amitiés et la certitude que l’esprit d’équipe vaut souvent plus que la perfection.
Malgré le voyage chaotique, la pluie et la charge supplémentaire, le week‑end d’entraînement à Tenero fut un succès total : progrès tactiques, sparrings précieux contre des adversaires solides, analyses vidéo intensives avec questions ciblées et une équipe qui s’est encore rapprochée. Nous avons ri, transpiré, partagé du chocolat fondu et philosophé dans le sauna.
Et maintenant, les choses sérieuses commencent : plusieurs grands défis nous attendent — plusieurs tournois féminins, dont la Central European Championship et le Champions Cup à l’automne — et la Coupe du monde en Espagne en mai 2027 reste l’objectif majeur. Nous n’entrons pas dans la préparation à moitié, mais avec un engagement total : affiner la technique, améliorer la condition, travailler les schémas tactiques et renforcer le mental. Nous intensifierons les entraînements, approfondirons les analyses vidéo et rendrons les sessions individuelles encore plus ciblées. En bref : nous ne serons pas seulement meilleures, nous serons meilleures qu’hier.
Pour conclure, une promesse claire : nous continuons à travailler, à apprendre, et nous reviendrons plus fortes. Qui se repose, rouille — et nous ne rouillons pas. Nous forgeons des plans, nous les mettons en œuvre, et nous sommes prêtes à relever les défis à venir avec cœur, tête et travail acharné. Aux prochains entraînements, aux prochains tournois et à une équipe soudée comme jamais.














